Mitochondries et vieillissement : les bénéfices de l’urolithine A

Par David Ledu, Ph. D. Sciences

Temps de lecture : 7–10 min.

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Table des matières

Vous consommez peut-être déjà des grenades, des fraises ou des noix en pensant faire du bien à votre corps. Mais saviez-vous que seulement une partie d’entre nous transforme correctement ces aliments en une molécule particulièrement puissante pour nos cellules ?

Cette molécule s’appelle l’urolithine A (UA). Elle n’est pas un antioxydant classique : elle agit comme un véritable « activateur de nettoyage mitochondrial » via un processus appelé mitophagie. Et les études scientifiques humaines publiées ces dernières années en font l’un des composés les plus prometteurs en matière de longévité cellulaire et de santé musculaire. On regarde ça plus en profondeur...

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Qu’est-ce que l’urolithine A exactement ?

L’urolithine A est un postbiotique : c’est un composé produit par certaines bactéries de votre microbiote intestinal. Contrairement aux probiotiques (qui sont des bactéries vivantes), un postbiotique est le résultat du travail de ces bactéries et peut exercer des effets positifs sur la santé même sans les bactéries elles-mêmes.
Elle est formée à partir des ellagitanins, des polyphénols (molécules antioxydantes naturelles) présents dans la grenade, les baies rouges, les noix, les framboises ou les fraises. Malheureusement, la capacité à produire de l’urolithine A varie fortement d’une personne à l’autre selon la composition de son microbiote. On distingue trois métabotypes principaux (c’est-à-dire trois profils métaboliques différents selon la façon dont les bactéries transforment les ellagitanins) :

❖ Métabotype 0 (UM-0) : environ 10 à 40 % des personnes (selon l’âge et la population) ne produisent aucun urolithine détectable.

❖ Métabotype A (UM-A) : ils produisent principalement de l’urolithine A (la forme la plus étudiée et bénéfique).

❖ Métabotype B (UM-B) : les personnes de ce groupe produisent de l’urolithine A, mais aussi d’autres formes (isourolithine A et urolithine B). Les quantités sont souvent variables et la part d’urolithine A pure est généralement plus faible que chez les producteurs « idéaux ».

De plus, même au sein des métabotypes A et B, on observe un gradient entre « forts » et « faibles » producteurs. C’est pour cette raison que la supplémentation directe en urolithine A pure (sous forme de Mitopure ou équivalents) a été développée : elle permet de contourner complètement la variabilité du microbiote et d’obtenir des concentrations plasmatiques reproductibles et efficaces chez tout le monde.

Urolithine A

Postbiotique produit par le microbiote

Composé fabriqué par certaines bactéries intestinales à partir des ellagitanins (polyphénols).

Grenade • Baies rouges • Noix • Framboises • Fraises

Tout le monde ne produit pas la même quantité → 3 métabotypes :

Métabotype 0 (UM-0) Aucune urolithine (10-40 % des personnes)
Métabotype A (UM-A) Principalement Urolithine A (forme idéale)
Métabotype B (UM-B) Urolithine A + autres formes (moins pure)

Le mécanisme clé : la mitophagie (le « grand ménage » des mitochondries)

Avec l’âge, vos mitochondries (les centrales énergétiques de vos cellules) s’abîment progressivement. Les mitochondries endommagées s’accumulent, produisant plus de radicaux libres et moins d’énergie. Le corps a un système naturel pour les recycler : la mitophagie. L’urolithine A est l’un des rares composés naturels qui active clairement cette voie (via PINK1/Parkin).

Résultat :

❖ Élimination des mitochondries usées.

❖ Remplacement par de nouvelles mitochondries plus efficaces.

❖ Meilleure production d’ATP.

❖ Moins d’inflammation chronique (« inflammaging »).

❖ Meilleure oxydation des graisses.

Ce que disent les études cliniques chez l’humain (les plus solides à ce jour)

Les recherches précliniques (vers, souris) ont montré des effets impressionnants sur la durée de vie et la fonction musculaire. Chez les humains, plusieurs essais cliniques randomisés, en double aveugle et contrôlés par placebo ont été menés ces dernières années (principalement avec la forme stabilisée Mitopure®) :

Urolithine A : ce que montrent
les études chez l’humain

Force & endurance
+10-12 % de force des jambes
en 4 mois (40-65 ans)
Meilleure endurance chez les 65+
Mitochondries
Activation de la mitophagie
Meilleure fonction mitochondriale
(confirmé par biopsies)
Immunité
Amélioration des cellules
immunitaires en 4 semaines
Réduction de l’inflammaging
Sécurité
Bien tolérée
jusqu’à 1000 mg/jour
sur plusieurs mois

Preuves encourageantes, mais le nombre d’études reste encore limité. D’autres essais sont en cours (résultats attendus 2026-2027).

❖ Amélioration de la force et de l’endurance musculaire : chez des adultes d’âge moyen (40-65 ans, en surpoids ou sédentaires), la prise de 500 ou 1000 mg/jour d’urolithine A pendant 4 mois a entraîné une augmentation significative de la force musculaire des jambes (environ 10-12 %), ainsi que des améliorations cliniquement pertinentes de la VO₂ peak et du test de marche de 6 minutes (Singh et al., 2022). Chez des personnes âgées (65-90 ans), 1000 mg/jour pendant plusieurs mois a significativement amélioré l’endurance musculaire (nombre de contractions jusqu’à la fatigue) au niveau de la main et de la jambe, tout en réduisant des biomarqueurs comme les acylcarnitines, les céramides et la CRP (Liu et al., 2022).

❖ Preuves de mitophagie et de meilleure fonction mitochondriale chez l’humain : les biopsies musculaires ont montré une augmentation de l’expression de protéines liées à la mitophagie et au métabolisme mitochondrial (Singh et al., 2022). Dès l’essai de phase 1, l’urolithine A s’est révélée sûre et a induit une signature moléculaire d’amélioration de la santé mitochondriale et cellulaire chez des personnes âgées sédentaires (Andreux et al., Nature Metabolism 2019). Dans le sang, on observe une diminution des acylcarnitines (signe d’une meilleure efficacité mitochondriale) et une réduction de l’inflammation.

❖ Autres effets prometteurs : une étude de 2025 a montré que 1000 mg/jour pendant seulement 4 semaines améliore la fonction des cellules immunitaires chez des adultes d’âge moyen : augmentation des cellules CD8+ naïves, meilleure oxydation des acides gras, augmentation de la biogenèse mitochondriale dans les cellules immunitaires, et réduction des marqueurs d’inflammaging (Denk et al., 2025). La sécurité est bonne : l’urolithine A est bien tolérée jusqu’à 2000 mg en dose unique ou 1000 mg/jour sur plusieurs mois, sans effets secondaires majeurs rapportés.

Les preuves sont encourageantes, mais une revue systématique récente note que le nombre d’études reste encore limité et que beaucoup sont financées par le fabricant ; des essais indépendants supplémentaires seraient souhaitables (Kuerec et al., 2024).

D’autres travaux explorent les effets sur le stress oxydatif, la récupération musculaire chez les sportifs, et potentiellement la fonction endothéliale et cérébrale. Enfin des essais cliniques sont en cours avec des résultats attendus pour 2026-2027

Travaux en cours et essais cliniques actuels (2026)

Plusieurs essais sont encore en cours ou récemment lancés, principalement sponsorisés par Amazentis (fabricant de Mitopure®). Parmi les plus notables :

❖ ATLAS 2 (NCT07231783) : essai randomisé en double aveugle évaluant 1000 mg/jour de Mitopure sur la force musculaire et la performance chez des adultes d’âge moyen en bonne santé. Débuté fin 2025, recrutement en cours, résultats attendus en 2027.

❖ MitoCancer (NCT07161310) : essai chez des patients atteints de tumeurs solides recevant des inhibiteurs de checkpoint immunitaire. Il étudie l’effet de l’urolithine A sur le système immunitaire et la réponse au traitement. Recrutement en cours.

❖ CLARITY (NCT07060898) : essai sur un complément contenant de l’urolithine A visant à améliorer la fonction cognitive et les marqueurs de santé cérébrale. Statut « actif, non recrutant » (suivi en cours).

❖ D’autres études explorent les effets sur le métabolisme du glucose chez les personnes en surpoids, la cinétique de l’UA dans le liquide céphalo-rachidien, ou des formulations topiques pour la peau.

Ces essais montrent que la recherche sur l’urolithine A continue de s’élargir au-delà de la santé musculaire, vers l’immunité, le métabolisme et potentiellement la cognition.

Pour qui et à quelles doses ?

Les doses les plus étudiées et efficaces dans les essais sont 500 mg et surtout 1000 mg par jour :

Urolithine A : doses & mode d’emploi

500 mg / jour
Effet visible
sur la force musculaire
(surtout 40-60 ans)
1000 mg / jour
Effets plus marqués
sur endurance,
inflammation & immunité
Quand la prendre ?
Le matin
(avec ou sans repas)
1 seule fois par jour
Ce que c’est vraiment
Pas un brûle-graisse
ni un dopant
Optimise vos cellules

Demi-vie d’environ 20-24 h → une prise unique par jour suffit. Elle vous aide à mieux profiter de votre entraînement, de votre sommeil et de votre alimentation.

Important : l’urolithine A n’est pas un « brûle-graisse » ni un dopant. Elle optimise la qualité de vos cellules pour que vous tiriez mieux profit de votre entraînement, de votre sommeil et de votre alimentation.

Sécurité et tolérance

Les essais cliniques (jusqu’à 1000-2000 mg/jour sur plusieurs semaines) montrent un excellent profil de sécurité :

❖ Aucun effet indésirable grave rapporté.

❖ Effets secondaires légers et rares (maux de tête, myalgies légères ou troubles digestifs mineurs chez quelques personnes).

❖ Pas d’impact négatif sur le foie, les reins ou les marqueurs sanguins.

Elle a obtenu aux États-Unis le statut GRAS (Generally Recognized As Safe), ce qui signifie qu’elle est officiellement considérée comme « généralement reconnue comme sûre » pour certains usages alimentaires. Comme toujours en anti-âge, on manque encore de données sur des prises très longues (>1 an), mais les résultats à court/moyen terme sont rassurants.

Urolithine A : comment l’intégrer dans votre routine anti-âge et longévité ?

Comment profiter de l’urolithine A
au quotidien

Base alimentaire
Grenade, fraises,
framboises, noix
(mais pas suffisant seul)
Supplémentation
Forme brevetée
& testée (Mitopure
ou équivalent vérifié)
Meilleures synergies
Force + HIIT
Bon apport protéines
+ composés mitochondriaux
Quand commencer ?
Dès 40-45 ans
quand le déclin
mitochondrial s’accélère

Aucun complément ne remplace les fondamentaux : sommeil de qualité (7-9h), entraînement régulier, alimentation anti-inflammatoire riche en polyphénols et gestion du stress.

Rappel essentiel : aucun complément ne remplace les fondamentaux. L’urolithine A donne les meilleurs résultats quand elle est associée à :

• Du sommeil de qualité (7-9h)

• De l’entraînement régulier (force + zone 2 ou HIIT)

• Une alimentation anti-inflammatoire riche en polyphénols

• Une gestion du stress

Conclusion : un outil prometteur, pas une pilule miracle

L’urolithine A est aujourd’hui l’un des rares composés naturels dont on a démontré, chez l’humain, qu’il active la mitophagie et apporte des bénéfices mesurables sur la force, l’endurance, l’inflammation et même le vieillissement immunitaire. Elle ne va pas vous faire rajeunir de 10 ans en un mois, mais elle peut contribuer à maintenir une meilleure énergie cellulaire et musculaire avec l’âge — ce qui fait toute la différence pour rester actif, indépendant et en forme le plus longtemps possible. Si vous suivez déjà un protocole anti-âge sérieux (NMN/NR, resvératrol, spermidine, etc.), l’urolithine A peut être un excellent complément pour cibler spécifiquement la qualité mitochondriale.

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Avertissement
Les informations et conseils présentés dans cet article sont fournis à titre informatif uniquement et ne remplacent en aucun cas un avis médical professionnel. Ils ne constituent ni un diagnostic, ni un traitement, ni une prescription. Consultez toujours votre médecin ou un professionnel de santé qualifié avant de modifier votre alimentation, votre activité physique, votre routine ou de commencer un jeûne, une pratique de froid/chaud ou toute autre stratégie évoquée. Les résultats varient selon les individus et ne sont pas garantis. L’auteur décline toute responsabilité en cas d’utilisation inappropriée ou d’effets indésirables.

Références scientifiques


Denk et al. Effect of the mitophagy inducer urolithin A on age-related immune decline: a randomized, placebo-controlled trial. Nature Aging 2025. https://doi.org/10.1038/s43587-025-00996-x

Whitfield et al. Evaluating the Impact of Urolithin A Supplementation on Running Performance, Recovery, and Mitochondrial Biomarkers in Highly Trained Male Distance Runners. Sports Medicine 2025. https://doi.org/10.1007/s40279-025-02292-5

Monsalve Acevedo et al. Effects of Urolithin A supplementation on performance and antioxidant status in academy soccer players during preseason: a pilot randomised controlled trial. Frontiers in Nutrition 2025. https://doi.org/10.3389/fnut.2025.1674446

Kuerec et al. Targeting aging with urolithin A in humans: A systematic review. Ageing Research Reviews 2024. https://doi.org/10.1016/j.arr.2024.102406

Nishimoto et al. Effect of urolithin A on the improvement of vascular endothelial function depends on the gut microbiota. Frontiers in Nutrition 2023. https://doi.org/10.3389/fnut.2022.1077534

Singh et al. Urolithin A improves muscle strength, exercise performance, and biomarkers of mitochondrial health in a randomized trial in middle-aged adults. Cell Reports Medicine 2022. https://doi.org/10.1016/j.xcrm.2022.100633

Liu et al. Effect of Urolithin A Supplementation on Muscle Endurance and Mitochondrial Health in Older Adults: A Randomized Clinical Trial. JAMA Network Open 2022. https://doi.org/10.1001/jamanetworkopen.2021.44279

Andreux et al. The mitophagy activator urolithin A is safe and induces a molecular signature of improved mitochondrial and cellular health in humans. Nature Metabolism 2019. https://doi.org/10.1038/s42255-019-0073-4

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Avertissement : Ce contenu est informatif et non médical. Consultez un professionnel de santé avant toute application. Pas de garantie de résultats. L’auteur n’est pas responsable des conséquences de son utilisation.